2018 aura été riche de littérature et de sublimes oeuvres. Retour sur quatre grands prix littéraires qui ont marqué cette année.

Leurs enfants après eux

De Nicolas Mathieu

Été 1992. Au cœur d’une Lorraine désindustrialisée, Anthony 14 ans et sa bande de copains tuent le temps comme ils le peuvent. Dans cette vallée perdue, rongée par le chômage depuis l’extinction des hauts fourneaux, ces adolescents ne rêvent que d’une chose, « foutre le camp ». Durant quatre étés, on suit cette jeunesse ouvrière, pleine d’envie et d’ambitions pour échapper à sa condition sociale. Mais la vie, au fil des années, les pousse inlassablement à marcher dans les traces de leurs parents.

Portrait d’un drame social, Leurs enfants après eux est d’un réalisme parfois cru et d’une extrême justesse. Nicolas Mathieu livre ici un roman puissant qui lui a valu la distinction du prix Goncourt.

Avec toutes mes sympathies

De Olivia de Lamberterie

Il s’appelait Alexandre, il s’est donné la mort le 14 octobre 2015.
Olivia de Lamberterie, transpercée de chagrin, décide alors de prendre la plume pour la première fois. C’est un vibrant hommage qu’elle rend à ce frère désormais absent. Un homme flamboyant toujours accompagné par une mélancolie, qui l’a finalement emporté. Ce récit juste et bouleversant, raconte les jours heureux et le courage d’Alexandre qui a tenté en vain de combattre cette malédiction familiale, la dépression.

Dans Avec toutes mes sympathies, Olivia de Lamberterie a voulu « inventer une manière joyeuse d’être triste ». Ce livre de mémoire, magnifique, digne et même parfois drôle malgré la tragédie a reçu le 6 novembre dernier le prix Renaudot Essai.

Le lambeau

De Philippe Lançon

Philippe Lançon est écrivain et journaliste à Libération ainsi qu’au journal satirique Charlie Hebdo. Le 7 Janvier 2015, lorsque deux hommes vêtus de noir font irruption dans les locaux de la rédaction de Charlie, sa vie bascule. Revenu d’entre les morts, l’écrivain livre son témoignage sur cette épreuve et sur l’après. Gravement blessé au visage et aux bras, l’homme qui a vécu l’horreur entame alors un long parcours médical. Hospitalisé durant des mois et opéré dix-sept fois en tout, l’écrivain doit entamer également un autre chemin, celui du deuil et de la reconstruction.

Ce témoignage puissant et émouvant est un véritable acte de mémoire sous forme de récit. Salué par la critique, Le lambeau est récompensé du Prix Femina.

Frère d’âme

De David Diop

Un matin de la Grande Guerre, le capitaine Armand siffle l’attaque contre les troupes allemandes. Les soldats s’élancent vers le combat. Dans les rangs français, Alfa Ndiaye et Mademba Diop, deux tirailleurs sénégalais. Un jour, à peine à quelques mètres des tranchées, Mademba s’effondre. Mortellement blessé, le soldat agonise sous les yeux d’Alfa, son ami d’enfance, son  » plus que frère « . Ce dernier se retrouvant à présent seul au milieu de la folie de cette guerre et des massacres, voit sa raison s’enfuir petit à petit. L’homme devenu fou, n’est alors plus que vengeance et férocité au point d’en effrayer ses camarades d’armes. Envoyé à l’arrière se faire soigner, le soldat y raconte la sauvagerie de la guerre et se remémore les souvenirs lumineux de son passé en Afrique.

A travers Frère d’âme, David Diop nous plonge dans l’enfer des tranchées et donne la parole à des milliers de soldats africains. Un hommage vibrant récompensé par le Prix Goncourt des lycéens.